Mutations de couleur de la calopsitte : pourquoi l'albino est-il deux gènes ?
La calopsitte est le deuxième oiseau de cage le plus riche en mutations de couleur, après la perruche ondulée. Bonne nouvelle : les trois mêmes règles d'hérédité valent ici aussi — récessive, dominante et liée au sexe. Nous les avons détaillées dans notre article sur les mutations de la perruche ondulée ; plutôt que de les répéter, nous couvrons ici les deux particularités propres à la calopsitte.

Ces deux particularités sont : (1) certaines « couleurs » ne sont pas un seul gène mais deux mutations superposées (l'albino, par exemple) ; et (2) chez la calopsitte, une mutation tantôt masque le sexe, tantôt le révèle — parce que l'oiseau sauvage lui-même porte déjà une différence entre mâle et femelle.
Le point de départ : le gris sauvage et la différence de sexe
La couleur sauvage de la perruche ondulée était le vert ; celle de la calopsitte est le gris. Mais, contrairement à la perruche, le gris sauvage porte déjà une différence de sexe visible — et il faut la connaître pour comprendre les mutations :
- Mâle (adulte) : face jaune vif, joue orange vive ; le barré sous la queue disparaît
- Femelle : face jaune plus pâle, joue orange plus terne ; le barré jaune sous la queue et les taches jaunes sous l'aile subsistent
Vous pouvez donc déterminer le sexe d'une calopsitte grise pure à l'œil. Comme vous le verrez plus bas, certaines mutations effacent cette différence et rendent le sexage impossible ; d'autres, au contraire, créent un nouvel indice du sexe.
Les mutations de la calopsitte selon les trois règles
Nous avons expliqué comment fonctionnent les règles d'hérédité dans notre article sur les mutations de la perruche ondulée (récessive = le gène doit venir des deux parents ; dominante = une seule copie suffit ; liée au sexe = sur le chromosome sexuel). Les principales mutations de la calopsitte se répartissent ainsi dans les trois groupes :
| Hérédité | Mutations |
|---|---|
| Liée au sexe | Lutino, perlé, cinnamon, joue jaune, platine |
| Récessive | Pie, face blanche, fallow, argenté récessif |
| Dominante | Argenté dominant, joue jaune dominante |
Particularité 1 : l'« albino » est en réalité deux mutations
C'est le point le plus instructif de la génétique de la calopsitte. Les oiseaux ont deux sources de couleur (comme dans l'article sur la perruche) : la mélanine (gris/foncé) et la psittacofulvine (jaune/orange). Chez la calopsitte, deux mutations distinctes retirent ces deux sources séparément :
- Lutino (liée au sexe) : retire la mélanine → le gris disparaît, il reste la face jaune + la joue orange, avec les yeux rouges
- Face blanche (récessive) : retire la psittacofulvine → le jaune et l'orange disparaissent, il reste du gris + du blanc
Maintenant, superposez les deux : plus de mélanine et plus de jaune/orange → il reste un oiseau entièrement blanc, aux yeux rouges. Voilà la « calopsitte albinos » : non pas un gène à part, mais la combinaison face blanche + lutino.
C'est pourquoi tant de « couleurs » de calopsitte sont en fait deux ou trois gènes empilés : face blanche perlé, face blanche cinnamon pie, albino (face blanche lutino)… Pour produire une combinaison, vous devez satisfaire séparément la règle d'hérédité de chaque gène.
Face blanche : effacer le jaune et l'orange
La face blanche est une mutation récessive qui retire toute la psittacofulvine. Résultat : plus de face jaune, plus de joue orange — seulement un corps gris et une face blanche. C'est l'équivalent, chez la calopsitte, de la série bleue de la perruche ondulée (qui retirait elle aussi le jaune et rendait l'oiseau bleu), sauf qu'ici la retirer emporte aussi la joue orange.
Particularité 2 : une mutation masque et révèle le sexe à la fois
Nous avons dit qu'on lit le sexe d'un gris sauvage à sa face. Les mutations modifient ce tableau dans deux directions :
Celles qui le masquent
Des mutations comme le lutino, la face blanche et le pie effacent la différence face jaune/joue orange, si bien que vous ne pouvez pas déterminer le sexe de l'oiseau à l'œil. Vous vous appuyez alors sur le comportement (le mâle chante/siffle), sur la mue, ou sur un test ADN.
Celle qui le révèle : le perlé
La mutation perlé donne aux plumes un motif festonné, en dentelle — et elle possède un trait surprenant, propre à la calopsitte : les mâles perdent le motif perlé après leur première mue adulte et reviennent à un gris presque uni, tandis que les femelles conservent le perlé toute leur vie.
Ainsi, chez une calopsitte perlé : si le motif s'estompe à mesure que l'oiseau grandit, c'est un mâle ; s'il persiste, c'est une femelle. C'est la version propre à la calopsitte de l'astuce de la perruche « lire le sexe d'après la couleur grâce à une mutation liée au sexe ».
La règle d'accouplement liée au sexe
La règle liée au sexe exposée pour la perruche fonctionne ici à l'identique : dans un accouplement d'un MÂLE exprimant une mutation liée au sexe (lutino, perlé, cinnamon) × une FEMELLE normale, toutes les filles expriment la mutation et les fils paraissent normaux mais la portent. Vous trouverez la logique complète dans notre article sur les mutations de la perruche ondulée ; le système sexuel ZW des oiseaux (mâle ZZ, femelle ZW) est le même dans les deux espèces. Pour l'équivalent chez la poule, voyez notre article comment déterminer le sexe d'un poussin.
La zone déplumée chez les lutinos
Les calopsittes lutino montrent souvent une petite zone dénudée derrière la huppe. Ce n'est pas une maladie, mais un trait héréditaire lié à la lignée lutino. Pour la réduire en élevage, on sélectionne et on accouple des oiseaux dont la zone déplumée est peu marquée — une consanguinité poussée peut agrandir ce défaut.
Quelles mutations pour débuter ?
- Pie (récessive) : un exemple récessif net ; la même logique que la série bleue de la perruche.
- Lutino ou perlé (liée au sexe) : vous y voyez l'astuce pour lire le sexe d'après la couleur/le motif.
- Face blanche (récessive) : elle montre comment la psittacofulvine est retirée et comment, combinée au lutino, elle produit l'albino.
Vous trouverez le déroulé de l'incubation et de la nidification dans notre article sur l'incubation des oiseaux de cage, et la logique de la sélection et de la généalogie dans notre guide de l'élevage des oiseaux de cage. Pour ne pas perdre le calendrier accouplement–ponte–éclosion, l'application Kuluçka Takip pose des rappels. Vous pouvez découvrir l'application ici.
Lire cet article en parallèle du premier de la série, les mutations de couleur de la perruche ondulée, permet de voir comment les trois règles d'hérédité se déploient chez deux espèces différentes.
Questions fréquentes
Combien de mutations de couleur la calopsitte a-t-elle, et quelles sont les plus courantes ?
Il existe de nombreuses mutations dérivées du gris sauvage. Les plus courantes sont le lutino, le perlé, le cinnamon, le pie, la face blanche et leurs combinaisons (par exemple albino = face blanche + lutino). Toutes suivent l'une de trois règles d'hérédité : liée au sexe, récessive ou dominante.
De quelle couleur est la calopsitte naturelle (sauvage), et y a-t-il une différence de sexe ?
La couleur sauvage est le gris et porte une différence de sexe visible : le mâle adulte a une face jaune vif et une joue orange vive et perd le barré sous la queue ; la femelle a la face plus pâle et conserve le barré jaune sous la queue et les taches jaunes sous l'aile. Un oiseau gris pur peut donc être sexé à l'œil.
La calopsitte albinos est-elle une vraie mutation ?
Non, ce n'est pas un seul gène. L'albino est en réalité la combinaison de deux mutations : la face blanche (qui retire la psittacofulvine jaune/orange) plus le lutino (qui retire la mélanine grise). Ensemble, elles laissent un oiseau entièrement blanc, aux yeux rouges.
Qu'est-ce que la mutation face blanche ?
La face blanche est une mutation récessive qui retire toute la pigmentation jaune-orange (psittacofulvine). Ainsi disparaissent la face jaune et la joue orange, et il reste un corps gris et une face blanche. C'est l'équivalent, chez la calopsitte, de la série bleue de la perruche ondulée.
Quelle est la différence entre mâles et femelles dans la mutation perlé ?
Le perlé donne aux plumes un motif en dentelle. De façon propre à la calopsitte, les mâles perdent ce motif après leur première mue adulte et reviennent au gris uni, tandis que les femelles conservent le perlé toute leur vie. Ainsi, chez un oiseau perlé, celui qui garde le motif est une femelle et celui qui le perd est un mâle.
La zone déplumée sur la tête d'une calopsitte lutino est-elle normale ?
Oui : les lutinos montrent souvent une petite zone dénudée derrière la huppe, et ce n'est pas une maladie ; c'est un trait héréditaire lié à la lignée lutino. En élevage, on peut la réduire en sélectionnant des oiseaux dont la zone déplumée est peu marquée ; une consanguinité poussée agrandit le défaut.
Peut-on deviner le sexe d'une calopsitte d'après sa couleur ?
Cela dépend de la mutation. C'est possible chez le gris sauvage et certains motifs. Mais des mutations comme le lutino, la face blanche et le pie effacent la différence face jaune/joue orange, si bien que le sexage visuel échoue ; il faut alors le comportement, la mue ou un test ADN. Le perlé, au contraire, donne un indice du sexe (voir la question précédente).
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